Cœur de
Vaisseau
Sur l’onde profonde et fraîche, vibrante de ton enfance,
Un prêtre, un président, dirent qu’on te nommait « France ».
De cette foule amassée, émue, émerveillée,
Tu devenais soudain,
irrésistiblement,
Au fil de l’espérance, glissant de maints mouvements,
L’enfant qu’on chéri, le fils tant adoré.
Dans l’océan tranquille, vigoureux tu nageas,
Poussant les mers glacées, du nord de l’atlantique.
Vers l’autre monde ravi, fièrement tu accostas,
Nimbé de gerbes d’eau, ruisselantes à l’antique.
Ta gloire rayonnait, autant que ta prestance,
Songe t-on qu’au firmament, un paquebot a une âme ?
Faut-il que dans la brume, sans doute par innocence ?
On déhale dans l’oubli, un navire plein de flamme.
Longtemps tu restas là, immobile, délaissé,
Abritant en ton corps, cette douleur momifiée.
Du fond de ta détresse, tu rêvais de grands flots,
L’étranger vers les îles, tu emmenas tout de beau.
Désormais d’an en an, tu vogues dans les vagues chaudes,
Mais ton cœur si lointain, ne s’ouvre plus à l’ode.
Des terres que tu côtoies, on entend ta souffrance,
Ta sirène crie souvent, que tu pleures loin de France.
En ce vieux continent, là ou tu vis le jours,
Ton pays te désire, imagine ton retour.
Angeline MORTINI
Norway,
Que fais-tu à ce quai ?
Tu
n’es pourtant pas si loin…
Allons, reviens !
Nous sommes si fragile sur ton sort,
Que malgré tous nos efforts,
L’issue n’est pas loin,
Ou
peut-être demain, tu rentreras enfin !
La
Hollande entre nous, t’inquiète…
Elle n’en vaut pas le coup !
Ton Pays c’est la France,
Celui de ton enfance.
15
ans, c’est trop court,
Pour qu’on profite, chaque Jour.
Ta
quarantaine, ne parait,
Et
n’ayons pas de regret,
Car brillant de mille feux,
Tu
nous en mets plein les yeux.
Nous sommes plusieurs à t’aimer
Chacun avec ses idées.
Et
d’entendre ta voix,
Nous le voulons toujours, crois moi,
Te
sauver de ces quais,
Qui ne sont jamais gais.
Allez, rentre au pays.
Honfleur, y met le prix.
Frédérique NOYALET